FESTIVAL Européen latin-grec, ou des Humanités ? à quoi ça sert ?

A quoi ça sert un Festival Latin Grec ?

 A l’heure où l’on s’interroge sur la transmission des valeurs de la République, tandis que le ministère de l’Education nationale estimait en octobre dernier – et maintenant ? – que le Festival Européen Latin Grec n’avait pas là de lien direct « avec les projets et objectifs » dudit ministère, ne serait-il pas utile de rappeler ce qu’est la « chose publique » (res publica) et d’où nous la tenons ?

Le rire d’Aristophane et les Humanités, Cicéron avec sa phrase « Que les armes le cèdent à la toge », vieilles lunes ? inutiles ?

Enseigner les « valeurs de la République » et la laïcité sans comprendre d’où nous tenons cette idée d’un pouvoir du peuple – le laos grec face au clergé – qui rend « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », est-ce aussi inutile ?

A-t-on assez ri de ce Festival pas comme les autres où l’on danse les Grenouilles et chante Theodorakis ou … Elvis Presley en latin, où l’on joue des pièces écrites voilà plus de 2000 ans dans lesquelles des femmes s’emparent de l’Assemblée ou font la grève de l’amour pour que les hommes cessent leur guerre – tactique reprise récemment par les Kenyanes (2009) ou d’autres !

Le Festival Européen Latin Grec se montre enfin pour ce qu’il est, préparation de l’avenir pour offrir des héros autres qu’ « €uroïques », donner de l’énergie et des munitions à nos têtes brunes et blondes. Et quand on dit munitions, il s’agit des vraies, celles de l’enthousiasme (en grec « les dieux en nous ») et de l’émerveillement né de l’étonnement – le thaumazein, à l’origine des sciences et techniques occidentales.

Nos profs nous faisaient rêver, nous dépasser, nous offraient des mythes qui faisaient de nous des humains, pourquoi ceux d’aujourd’hui ne le feraient-ils pas ? Pourquoi ne leur donnerait-on pas les moyens et le soutien pour le faire ?

A quoi ça sert les Humanités ? Mais à rien, comme l’amour, seulement à rester humains.

felg-15-affichewebMon petit dernier a eu lieu du 19 au 21 Mars 2015 à LYON, sur le thème « Savants, Magiciens et Devins »

Comme eût dit Magritte « Ceci n’est pas vraiment du latin et du grec », c’est le FESTIVAL DU PATRIMOINE ET  DE L’HERITAGE HUMANISTES DANS LE MONDE.
Il s’agit en effet de préciser ce qui fait de l’Europe, ce petit morceau au bout de l’Asie comme l’écrivait Emmanuel Berl, un continent à lui seul.
Ou pourquoi le Festival s’adresse à tous – hellénistes et latinistes, mais aussi professeurs de français et de langues (italien, espagnol, portugais, grec moderne, mais aussi anglais ou allemand), philosophes, historiens ou géographes, économistes, classes européennes, étudiants en sciences politiques, futurs directeurs de sociétés, informaticiens, scientifiques de tout poil – ceux qui ont désormais la responsabilité d’aménager notre monde du grand chambardement, le Cosmos cher aux Anciens, pour qu’il reste  « à la mesure de l’homme ».  

Pourquoi cette obsession de la démocratie, du dialogue – lié au théâtre -, ce besoin de philosophie que n’ont pas d’autres civilisations ? Pourquoi l’Europe est-elle mère des sciences et surtout des techniques ou de l’économie ? Pourquoi ces notions si spécifiques d’utopie, de conquête de la nature (y compris pour l’écologie), de pédagogie, de libération des femmes, de compassion de l’ennemi, voire de laïcité ou sécularisation ?

Et en Europe-même, pourquoi de tels clivages entre pays du Nord avec leur Weltanschauung ou Way of Life, et pays du Sud avec leurs points de vue ? Pourquoi ces nuances de la langue qui font qu’ich liebe dich, I love you, Ya vas lioublou s’apparentent au désir (libet), je t’aime et ti amo au sentiment, te quiero à la conquête (quaero). Ou que le Polonais Kocham Che s’apparente, comme le Breton da garout a ran, au latin Carus, « chéri » ?

Drôle de rendez-vous décoiffant, à rebrousse-poil de l’époque » François Simon, Ouest-France, 2005

« Curieux ou érudits se régaleront des conférences de ce singulier festival ‘mêlant le farfelu au très sérieux’ » Anne Dastakian, Marianne, 2006.

« Un programme décapant. Exit rosa, rosa, rosam : place au latin-grec version XXIème siècle » Alice Pouyat, L’Express, 2007.

“Hundreds of Latin and Greek enthusiasts are seeking to bury their crusty image at a festival that features a hip-hop version of 2,000-year-old verse and the opportunity of a glitzy career for classicists.” Adam Sage, The Times, 2008

« Un festival qui grandit en âge et en subversion », Hervé de Saint-Hilaire, Le Figaro, 2009

« Le but de ce festival est d’offrir une plate-forme de discussion et d’échanges entre Européens et d’attirer l’attention sur le fait que les pays d’Europe ont un héritage commun. » Lëtzebuerger Journal, Luxembourg 2010

« Dynamisme rassembleur et manifestement jubilatoire. Bravo et bonne chance » Philippe DELERM, écrivain

PIONNIERS :

Elizabeth Antébi, Présidente d’Honneur de l’association « Fortuna Juvat » qu’elle a fondée

… avec Albert Foulon, professeur à l’Université de Rennes, actuel président de l’Université du Temps Libre. A fondé et dirigé le Festival Européen Latin Grec (http://www.festival-latin-grec.eu) qui connaîtra sa 10ème édition à Lyon du 22 au 24 mars 2016. Licenciée ès Lettres classiques, et en Histoire de l’Art, Docteur (EPHE) en histoire des sciences religieuses, elle est aussi spécialiste de la Palestine ottomane. Auteur de nombreux livres (cf. http://www.antebiel.com), ayant longtemps collaboré avec Canal Académie, elle poursuit ses activités de journaliste au Petit Journal.com et d’éditorialiste dans l’application iPhilo.

Renée Audebert

Pilier du Festival aussi dès le départ, cette ancienne assistante de personnes âgées reste une adhérente de la première heure. Son dynamisme et son verbe haut placé ont toujours fait la joie des visiteurs quand elle nous aidait en contrôlant les billets. A 91 ans, elle était toujours de la partie !

Marie-Madeleine Chapuis, ex-trésorière

Psychanalyste jungienne, passionnée par les mythes et les textes fondateurs.

Albert Foulon

Né en 1942, Maître de Conférences en langue et littérature latines à l’Université de haute Bretagne (Rennes 2), UFR Arts-Lettres-Communications (Département Lettres), Albert Foulon est agrégé de l’université et a passé une thèse de doctorat sur l’Esthétique de Tibulle. Spécialisé dans la poésie latine, tout particulièrement à l’époque d’Auguste et de l’élégie gréco-romaine, il a publié plus d’une trentaine d’articles dans les principales revues nationales et européennes consacrées au latin : Revue des Études latines, Revue de Philologie, Vita Latina, Latomus, Information littéraire, Giornale italiano di filologia. Aujourd’hui, membre actif de l’Université du Temps Libre de Rennes, il poursuit ses activités avec une série de conférences sur l’univers de l’Antiquité latine. Il nous a aidés dès le départ, avec son épouse qui apportait en décoration des brassées de mimosa de son jardin et a aidé à la traduction simultanée d’un participant espagnol.

Edith Guimard

Libraire de la Porte Saint Michel à Bécherel, Edith Guimard se consacre désormais à sa vie familiale, organisant parfois des événements toujours savoureux, à tous les sens du mot. Mère du peintre Thomas Bossard qui offrit au Festival son Grand Prix du Jeu 2008, magnifique tableau sur Le Cheval de Troie, elle fut à l’origine des premiers succès du Festival, mobilisant tous les bénévoles de Bécherel, auxquels on se doit ici de rendre hommage.

Dès l’origine, les partenaires ont été nombreux, en particulier via le Festival Européen Latin Grec, créé en 2005 à Bécherel, près de Rennes, et qui a depuis voyagé à Nantes, Luxembourg, Paris – bientôt Lyon, où il pourrait bien s’arrêter.

Pour les répercussions presse et aussi

En dehors du Festival aussi, des gens qui se sont rencontrés par l’association ont pu monter des partenariats : ainsi de l’ESTHUA de Nantes et de l’Université de Coïmbra, de l’agence Nomen fondée par Marcel Botton et d’un professeur de Flers dans l’Orne, d’une classe de Sarcelles et de la Fondation Joseph Karolyi en Hongrie. Et de bien d’autres.

La Région Rhône-Alpes nous chapeaute, la ville de Lyon nous aide – le maire de la ville Gérard Collomb a répondu à nos questions dans un petit film projeté au festival -, ainsi que l’association S.E.L. créée par Jacqueline de Romilly, l’association Guillaume Budé de Lyon, Assimil. Et ponctuellement des éditeurs et des relais médiatiques.

Envoyez toute proposition d’échanges de Logos, de propositions de partenariats, voire d’interventions possibles au « Point Métier » de notre Festival Européen Latin Grec à Lyon 2013.

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